Le cabinet Tondreau assiste Mehmet Sandurac, fondateur du concept store Mayfair dans le cadre de la reprise de la librairie Filigranes.
Article paru dans l’Echo le 20 novembre 2024 - Bruxelles le personnel de filigranes soutient le projet mayfair de Mehmet Sandurac
Deux candidats ont fait offre pour reprendre la librairie Filigranes. Tous deux prévoient la reprise de 31 travailleurs sur 45. Seul un des deux offrants dispose déjà d'un emplacement.
Les deux candidats repreneurs intéressés par la librairie Filigranes ont présenté leur offre mercredi matin au tribunal de l'entreprise de Bruxelles. Si les juges devront trancher en privilégiant la pérennité de l'activité et le volet social, les membres du personnel de la librairie se sont prononcés en faveur du projet porté par Mehmet Sandurac, le fondateur du concept store Mayfair. En fin d'audience, Marc Filipson, le fondateur de Filigranes – qui ne sera plus de l'aventure – s'est également prononcé en faveur du projet de Mehmet Sandurac.
Alors que la librairie se cherchait un repreneur, la praticienne de la liquidation, Emmanuelle Bouillon, a présenté deux candidats au tribunal. Le premier projet, on l'a dit, est porté par le fondateur du concept store Mayfair. La deuxième équipe à avoir fait offre est composée de Denis Knoops (ex-CEO de Delhaize Belgique), de Michel Culot (fondateur de VO Communication), de Renaud Larsen (qui a animé plus de 200 rencontres chez Filigranes) et d'un quatrième investisseur.
Dans l'ensemble, les deux offres présentées au tribunal sont assez similaires. Au niveau social, les deux candidats reprennent 31 travailleurs sur environ 45. L'offre portée par Denis Knoops reprenait 35 travailleurs, mais quatre d'entre eux ne font plus partie du personnel de Filigranes. Les travailleurs repris garderont les mêmes conditions salariales et leur ancienneté. L'offre de Mehmet Sandurac prévoit la reconduction des contrats d'une trentaine d'étudiants. Si la librairie de l'avenue des Arts et le corner d'Ixelles sont concernés par les deux offres, ce n'est pas le cas de librairie de Knokke. Enfin, là où Mehmet Sandurac met 305.000 euros sur la table, l'offre portée par Denis Knoops avance 300.000 euros.
Deux emplacements différents
La principale différence entre les deux offres porte sur l'emplacement futur du "new Filigranes". L'offre de Denis Knoops prévoit de rester à l'avenue des Arts dans un premier temps, sachant que le bail ne court que jusqu'au mois de mars 2026. À cette date, la librairie devra avoir déménagé, quoi qu'il arrive. Le projet porté par Mehmet Sandurac prévoit de déménager la librairie dès le mois de février 2025, et l'installer dans un espace de plus de 1.000 mètres carrés situé à côté du concept store situé Boulevard de Waterloo.
« Notre offre est basée sur une relocalisation et un redéploiement concret et ambitieux sur une artère connue comme étant la plus prestigieuse de Bruxelles », a plaidé Julien Tondreau, l'avocat de Mehmet Sandurac, avant de souligner que son client avait l'intention d'investir 1,5 million d'euros dans le nouveau projet.
« Notre projet repose sur la qualité du livre et de la librairie. Le Boulevard de Waterloo n'est pas du bon côté, il voit passer une clientèle de luxe. Nous ne sommes pas dans le même univers que la librairie », a pour sa part plaidé Yves Brulard, l'avocat défendant le projet porté par Denis Knoops, assurant que son client trouverait le bon endroit pour la librairie et avait accès à des modes de financement.
Des travailleurs entre peur et espoir
Prenant la parole à leur tour, différents travailleurs de Filigranes se sont succédé à la barre afin de présenter les points positifs et négatifs des deux projets. Entre peur et espoir, ils ont réalisé un vote afin de se prononcer. Sur 31 personnes présentes, 21 se sont prononcées en faveur du projet de Mehmet Sandurac. "Filigranes a besoin d'un nouveau souffle, l'avenue des Arts n'attire plus de monde", a souligné l'un d'entre eux. "Après des années de chaos et des mois d'incertitudes, nous avons besoin de stabilité, ce qui sera le cas avec le projet Mayfair", a expliqué un autre. Enfin, cette audience a également permis de savoir que six travailleurs ne resteraient pas chez Filigranes si le projet de Denis Knoops l'emportait. A priori, c'est la personnalité de Renaud Larsen qui poserait problème.
Alors qu'il hésitait à réagir, Marc Filipson, présent à l'audience, a finalement bondi de sa chaise pour prendre la parole. "J'ai créé un lieu de destination, le livre attire les foules", a-t-il expliqué, avant de se tourner – fort ému – vers les membres du personnel présents. "Il faut évoluer, provoquer et jouer sur les sens et les couleurs. Le projet de Mehmet Sandurac est exceptionnel, le lieu est formidable, j'y crois", a-t-il expliqué.
Enfin, Véronique Croisé, chargée de redresser la barre de Filigranes depuis deux ans, a laissé entendre qu'il fallait aller vite, le mois de décembre étant l'un des meilleurs pour les ventes. "Il ne faut pas attendre, il faut écouter le personnel", a-t-elle conclu.
L'affaire a été prise en délibéré.